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Rachmaninov transfiguré par le talent d’une interprète vraie
Couleur tropique d’Ortiz

       Mieux qu’une interprétation investie, mieux qu’un jeu même inspiré, elle incarne une pensée pianistique. Quels sont aujourd’hui les instrumentistes possédant cet instinct qui unit spontanément et sans faillir l’équilibre et la plénitude d’un toucher franc et conquérant, un style patricien au meilleur sens du terme, une élocution spontanée de rhéteur qui, au final, imposent l’évidence d’une personnalité singulière et flamboyante? Le piano est encombré de musiciens ayant tous quelque chose à faire, alors que l’instrument réclame désespérément des artistes qui auraient quelque chose à dire. Cristina Ortiz, elle, n’a rien à prouver. La réflexion, l’intention, le style et l’allure sont portés par des résonances vécues, inouïes.

       Cette fille est fabuleusement douée : un mélange de superbe et d’arrogante séduction servies par une fougue virtuose qui ne cesse jamais d’être authentifiée par une probité stupéfiante. Rien de systématique dans ce lyrisme solaire et dépouillé, de racoleur dans ce jeu électrique et ébloui. Lignes élancées, accents nerveux, rythmes aiguisés, dynamique toujours sur le qui-vive : voilà Cristina Ortiz. Joue-t-elle Rachmaninov ? Pas seulement, bien évidemment ! Et quel intérêt ? Bricoler des techniques mille fois éprouvées ? Vides de sens. Elle préfère soumettre ses passions au prix d’un rituel de possession aux couleurs de la vie, la sienne et toutes celles croisées et mariées en musique. Mais une musique qui ouvrirait la perception sur les voix intérieures d’un imaginaire recomposé. Son 3e Concerto de Rachmaninov respire des tropiques métis, s’illumine de coruscantes sapidités. La main est précise, vivante, nourrie d’une puissance technicienne qui ne phagocyte jamais l’intention : les anges de mélancolie de l’âme slave séduits par les démons bénis de la « saudade », ce sang trop riche d’une terre brûlée de solitude!

Intègre et sincère

       Le Russe apatride s’y pare de couleurs fauves, de colères orgueilleuses. Mais ça, seule Ortiz peut le comprendre et le faire savoir. Parce que Brésilienne, privilège synonyme de musicienne ? Bien plus encore : parce qu’elle a su rester elle-même, intègre et sincère. Alors elle réveille en Rachmaninov la lointaine blessure des souvenirs, qu’elle astreint par pudeur à ce jeu possédé et superbe, avant de refermer l’album d’une trop pressente mémoire sur Prece , la prière de Nepomuceno, et A lenda do caboclo, de Villa-Lobos…

La Montagne, Haute-Loire, Festival de la Chaise-Dieu

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« Brésilienne, Cristina Ortiz est à l’aise dans un programme éclectique qui débutait, bien sûr, par un hommage à Mozart dont la Fantaisie en ré mineur, presque romantique, était interprétée avec juste ce qu’il faut de sensibilité retenue… Avec Debussy que notre brésilienne a été la plus étonnante … Elle a su admirablement traduire cet « impressionisme » qui cherche la réalité de la Nature au-delà des simples apparences. Son interprétation des « Reflets dans l’eau » a été un régal… On ne peut passer sous silence la série des bis, avec notamment une prière (« Prece » de Nepomuceno) dont certains auditeurs ont avoué qu’elle leur avait fait venir des larmes, et qui s’achevaient comme dans un rêve avec justement la très célèbre « Rêverie » de Schumann. »

Le Sud-Ouest ,
Bordeaux


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« Cet enregistrement offre un panorama représentatif de la musique brésilienne pour le piano, trop souvent négligée par le public européen. L’influence de compositeurs tels que Schumann, Mendelssohn, Brahms ou Stravinsky se mêle aux traditions les plus variées de ce pays aux ouvertures multiculturelles : rythme de maxixe chez Nepomuceno, Cateretê indienne dans la Suite Brasileira n° 3 de Fernandez, Tempo di Samba et Dansa Negra avec Guarnieri. Le raffinement sonore de Villa-Lobos complète ce panorama avec deux pièces douloureuses et mélancoliques. Cristina Ortiz nous offre une interprétation à la fois vigoureuse et colorée. Totalement impliquée dans cette musique, la pianiste se révèle une magistrale ambassadrice du piano brésilien. »

l’Éducation Musicale, France


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The wonderful English music. A wonderfully brilliant pianist.

       The performance (Britten’s Piano Concerto) rich in niceties, changeable as far as moods are concerned and above all - delightfully colourful....Ortiz is a virtuoso who knows her instrument so perfectly well... the wonderful pianist appeared like lightening over the Warsaw sky.”

Ruch Muzyczny, Warsaw


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The sumptuous colours and perfumes of Brazil - a pianist in her element

       Too long absent from the studios, Cristina Ortiz returns with a heady brew from what the booklet-note so aptly calls that 'huge melting pot that is Brazil'. Throughout there is a touching and delightful sense of a pianist oblivious to anything beyond her relish and affection for her native music, for its alternating tears and laughter, its blueness and joie de vivre. Her way with Nepomuceno's Prece is hauntingly sensitive to music so pensive and lost in reflection. And how impossible she makes it to resist the swaying, insinuating rhythm of Villa-Lobos's A lenda do Caboclo or the way the Valsa da dor's despondency so effortlessly crosses the borders between classical, popular and café music. Vianna, too, might well have joined Villa Lobos who joyfully exclaimed: "My first theory of harmony was the map of Brazil." And if his Schumanniana (dedicated to Ortiz and given its first recording) fondly remembers a much beloved composer, the Preludio No 4 dissolves a memory of Chopin's E major Nocture, Op 62 No 2, in music as indelibly Brazilian as anything on this enchanting disc. Here, as Ortiz puts it, are 'the sumptuous colours and perfumes of my beautiful Brazil' and an 'abraço' (embrace) which grips my Brazilian soul'. Intrada 's sound is close but vibrant, its presentation lavish, so I can only hope for further recordings. Brandão, Mignone and Guarnieri's complete Ponteios, all call out to be heard.

The Gramophone, UK


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       "La pianiste brésilienne Cristina Ortiz nous offre un parcours à travers des œuvres gorgées d'âme et de sève. Ce programme est un retour vers des pièces et des compositeurs qui ont profondément marqué son enfance.
       Ce regard sur le passé est d'autant plus émotionnel que l'artiste n'avait plus pratiqué ces partitions depuis de nombreuses années. Le cinq centième anniversaire de la découverte du Brésil lui fournit l'occasion de ce voyage introspectif et sensoriel.
       Une visite du Brésil musical ne peut se passer sans Heitor Villa-Lobos (1887-1959) et Camargo Mozart Guarnieri (1907-1993). De l'Indien blanc, la pianiste nous propose A lenda do Caboclo (Légende du métis, 1920), et Valsa da Dor (Valse de douleur, 1932), deux petites œuvres raffinées et stylées à l'image de ce compositeur inclassable. Moins connu en Europe, Camargo Mozart Guarnieri est l'un des piliers de la musique brésilienne du vingtième siècle. Fils d'un immigré sicilien qui donna à ses enfants le nom de grands compositeurs, Guarnieri arrive à marier, avec un talent tout particulier, le folklore traditionnel et le modernisme musical, qu'il soit néo-classique ou sériel. La célèbre Dansa Brasileira de 1932 reprend la rythmique déhanchée de la samba. Vers 1945, le compositeur s'orientait vers un nationalisme brésilien qui le poussait à s'émanciper des ter-mes musicaux italiens pour puiser dans le vocabulaire portugais. Ainsi la Dansa Negra est indiquée Soturno (sombre), la structure rythmique restant complexe. Alberto Nepomuceno (1864-1920) apparaît comme le fon-dateur de l'identité nationale de la musique brésilienne. Après des études musicales en Europe, l'artiste retourne au Brésil où il occupe différentes charges institutionnelles dont la présidence de l'Institut national de Musique. Prece (Prière) de 1887 est une pièce apaisée et mélodique. Galhofeira (Pièce moqueuse) est extraite des Quatro Peças Lírícas (Quatre pièces lyriques) composée à Paris en 1894 ; cette courte partition fusionne deux styles brésiliens : le maxixe et le choros.
       La plus grande partie de ce disque est consacrée aux compositeurs Oscar Lorenzo Fernandez (1897-1948) et Fructuoso Vianna (1896-1976). Fernandez, fondateur du conservatoire de musique de Rio de Janeiro et de l'Académie de Musique Brésilienne, est l'auteur de Malazarte, le premier opéra nationaliste brésilien à avoir rencontré un certain succès. Les trois Suites brésiliennes proposées sur cet album furent écrites dans les an-nées 1930. La rigueur de la forme épouse avec magie le folklore brésilien. Les trois Études en forme de sonatine (1929) se révèlent musicales et brillantes. L'autodidacte Fructuoso Vianna s'est contenté d'écrire des pièces pour piano ou des mélodies pour voix et piano. D'une hauteur d'inspi-ration et d'une maîtrise sidérante, ces partitions illustrent la phrase du com-positeur : "le maximum avec le minimum". Les neuf pièces sélectionnées par la pianiste sont de véritables merveilles qui comblent le cœur et l'esprit. Tout au long de ce parcours, Cristina Ortiz est la guide idéale : précise et musicale, elle sert comme nulle autre la musique de sa terre natale. Notons aussi que ce digipack est un beau produit au livret exhaustif et à la présentation soignée.

www.anaclase.com


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Cristina Ortiz s’impose...

       … par un jeu dont la sobriété n’exclut en rien la création d’atmosphères, de climats qui captent et retiennent l’attention dans des œuvres profondément marquées par l’étonnant fonds musical brésilien, fusion fascinante des idiomes européens, indiens et africains.
       Les compositeurs choisis … tous ont été marqués pas ce souci de créer une musique brésilienne, parfois teintée de nationalisme, tout en ne rejetant pas l’héritage européen … Malgré un jeu que l’on sent très réfléchi, Ortiz trouve naturellement le chemin de la grâce mélodique des lignes chantournées de Nepomuceno (1864-1920), des harmonies si « françaises » de Guarnieri (1907-1993) ou de Lorenzo Fernandez (1897-1948) … Grande découverte, la musique de Fructuoso Vianna (1896-1976), dont l’économie de moyens et le caractère ont quelque chose d’«aphoristique», parfois d’humoristique, y compris quand le compositeur cite Schumann dans un subtil et tendre, comme il se doit, Schumanniana.

Diapason, France 

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